Hotel de Sully 62, Rue Saint Antoine

Hotel de Sully : Cour de l'Hotel de Sully rue Saint Antoine

Hotel de Sully : Cour de l’Hotel de Sully rue Saint Antoine, peinture d’Albert Pierson, 1910, Musée Carnavalet

L’Hotel de Sully

Du nom de son plus illustre propriétaire a connu bien des remaniements au cours de l’Histoire. Il fût érigé sur un terrain appartenant au Moyen-Age à la censive du prieuré de la culture Sainte-Catherine. Ce qui allait devenir l’Hotel de Sully fût d’abord Hotel de la Mouffle en 1360, puis séparé en deux : Hotel de la Mouffle et Hotel de Baillet en 1525. En 1564, il s’agrandit par l’acquisition de terrains provenant de l’ancien Hotel Royal des Tournelles. En raison de la Création de la Place des Vosges (Place Royale), les propriétaires de l’Hotel furent expropriés en 1607 d’une partie de leur jardin, qu’ils furent obligés de vendre en 1611. Ils furent également tenus par la Cour à élever un pavillon débouchant sur le n°7 de la Place des Vosges.

En 1624, Mesme Gallet, contrôleur des Finances, seigneur du Petit-Thouars et de Jaille, rachète la propriété et fit ériger, à partir de 1624, en lieu et place de l’Hotel de Baillet, l’Hotel dit de Sully, sur les plans de Jean Ier Androuet du Cerceau.

L'Hotel de Sully : Corps de logis principal sur cour de l'Hotel de Sully, 62, rue saint Antoine

L’Hotel de Sully : Corps de logis principal sur cour de l’Hotel de Sully, 62, rue saint Antoine

Entre 1625 et 1627, Gallet passe marchés avec le maître maçon Jean Notin. Si le premier marché conclu implique que l’Hotel serait bâti en pierre et brique, comme les Hotels de Place des Vosges et l’Hotel de Mayenne, le deuxième marché décide d’une construction toute en pierre malgré le coût plus élevé. Le corps de logis est alors entrepris ainsi que les ailes et l’orangerie.

Hotel de Sully : L'orangerie de l'Hotel de Sully

Hotel de Sully : L’orangerie de l’Hotel de Sully, gravure de Jean-François Janinet d’après le dessin de Duran, Coll. part.

L'Hotel de Sully : L'orangerie de l'Hotel de Sully

L’Hotel de Sully : L’orangerie de l’Hotel de Sully

En 1627, Gallet est ruiné au jeu et contraint de céder l’Hotel à son principal créancier.
En 1628, Roland de Neufbourg le rachète ainsi que l’Hotel de la Mouffle donnant sur la rue Saint Antoine. Il fait démolir ce dernier pour achever sa façade sur rue et achève également les ailes sur Cour. En 1630, Jean Ier Androuet du Cerceau procède au toisé de la maçonnerie, c’est-à-dire à le réception des travaux.

En 1634, Maximilien de Béthune, duc de Sully, alors âgé de 75 ans et ministre d’Henri IV, acquiert l’Hotel et en fait son pied-à-terre parisien. En 1651, son petit fils Maximilien-François de Béthune, deuxième duc de Sully, demande à François Le Vau de lui aménager un appartement dans l’aile ouest sur la cour.

Hotel de Sully : Vue sur rue de l'Hotel de Sully

Hotel de Sully : Vue sur rue de l’Hotel de Sully, gravure d’Israël Silvestre, vers 1657, Musée Carnavalet

Hotel de Sully : façade sur rue de l'Hotel de Sully

Hotel de Sully : façade sur rue de l’Hotel de Sully

Puis il d’agrandira l’Hotel tout entier. L’Hotel resta dans la famille de Sully jusqu’en 1752, puis dans la famille Benoît-Turgot de saint-Clair, conseiller du parlement. Vendu en 1796 à un négociant qui ne put acquitter la somme, François Dupré, c’est finalement Jean Cadrès qui le racheta en 1800.

L’Hotel fut transformé en immeuble de rapport et sa façade sur rue dénaturée par l’ajout d’un étage intermédiaire comme l’Hotel de Mayenne. Jusqu’au milieu du XXème siècle, l’Hotel de Sully est livré à l’industrie et au commerce. Il héberge successivement ou ensemble : un matelassier, une fabrique de chapeaux de paille, un facteur de piano, une clinique ophtalmologique, un coiffeur mais aussi des marchands de parapluies, de charbon et de jouets. Les fenêtres du rez-de-chaussée étaient alors transformées en vitrines de magasins.

L’Etat achète l’Hotel de Sully en 1944 et l’orangerie en 1953. Après avoir été restaurés, l’Hotel et l’orangerie seront affectés à la caisse nationale des monuments historiques et des site devenue Centre des Monuments Nationaux dès 2001.

Sources Historiques : Danielle Chadych : Le Marais, évolution d’un paysage urbain, p. 198, Parigramme, 2005 (ISBN 978-2-84096-188-8)


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